Les chutes de plain-pied sont des glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d’équilibre sur une surface plane[1]. Ces chutes peuvent survenir aussi bien à l’intérieur d’un bureau ou d’un atelier, qu’à l’extérieur sur un chantier ou un site en inspection. Les chutes liées à des changements de niveau (marches, trottoirs, plan incliné) ne sont pas considérées comme de plain-pied.
Les chutes de plain-pied ont été l’origine de 17 % des accidents du travail reconnus par l’Assurance Maladie au cours de l’année 2020. Elles sont ainsi la seconde cause d’accidents, derrière les manutentions manuelles (50 %) mais devant les chutes de hauteur (12 %)[2].
Les chutes, comme les chutes de plain-pied, arrivent lors des déplacements des salariés sur leur lieu de travail. Ces chutes sont majoritairement la conséquence de la combinaison de plusieurs facteurs de risques liés aux dispositions techniques ou organisationnelles dans l’entreprise. L’utilisation de plus en plus importante des outils numériques par les salariés en entreprise vient ajouter un facteur de risque relatif aux chutes de plain-pied.
Cet usage du numérique en entreprise est à rapprocher de l’évolution des usages grand public. En 2019, 65% des piétons interrogés reconnaissent consulter leur téléphone en avançant sur le trottoir ou en traversant un passage clouté. Un chiffre en forte augmentation par rapport à la précédente enquête du constructeur automobile réalisée en 2015, où ils étaient 50 %[3]. La conséquence de ces comportements impacte fortement l’accidentologie routière en France, puise que 6.000 accidents de piétons peuvent être attribués à l’utilisation du portable en traversant la route. Ceci représente 6% du nombre total des accidents impliquant un piéton.
Un rapprochement simple permet de comprendre que 4.500 accidents liés à des chutes de plain-pied en entreprise en 2022 en France pourraient être la conséquence d’une utilisation abusive des outils numériques en mobilité.
Pourtant, les chutes sont souvent considérées comme une fatalité du monde industriel. Ainsi, pour réduire le nombre de chutes de plain-pied, il convient en premier lieu de changer la vision de ce type d’accident, et ensuite de développer une démarche de prévention qui inclue les nouveaux usages du numérique en milieu industriel.
Pour développer une stratégie de prévention efficace, il faut prendre en compte les spécificités des chutes de plain-pied. Les facteurs susceptibles de provoquer une chute de plain-pied sont souvent mal identifiés par les salariés, et peu perceptibles : sol sale ou encombré, déplacement rapide, transport d’objet, éclairage insuffisant, attention focalisée sur une autre tâche que le déplacement[1]. Ainsi, l’élément qui va provoquer la chute peut paraître bénin, et la survenue de l’accident résulte souvent de la combinaison de nombreux facteurs.
Les organisations industrielles ont la capacité d’agir efficacement pour la suppression des risques liés aux premières causes : sol sale ou encombré, déplacement rapide, transport d’objet. Les actions des coordinateurs QSE[2] sur les sites industriels ont un impact important sur ces premières sources de risques.
La difficulté à identifier et à lutter contre les risques liés à l’« attention focalisée sur une autre tâche que le déplacement » est amplifiée par l’usage du numérique en mobilité, car ce risque est également lié aux habitudes personnelles des salariés.
Il faut revenir au parallèle fait entre l’usage du numérique en entreprise et l’usage du numérique dans la viee de tous les jours. Effectivement, on note « une fracture entre l’expérience client /le grand public/ et l’expérience salarié /en entreprise/. Les clients ont accès à des applications intuitives, agréables et performantes tandis que les salariés utilisent souvent des ERP (MES, GMAO, FSM) relativement lourds et lents »[1]. Le stress lié à l’utilisation d’applications industrielles peu intuitives participe au besoin de concentration du salarié, et donc à son manque d’attention à l’environnement lors d’une utilisation en mobilité.
A partir de ce constat, deux stratégies s’offrent aux industriels pour réduire les chutes de plain-pied liées au détournement de l’attention des salariés lors de leur déplacements en entreprise :
- Sensibiliser les salariés au danger de l’utilisation des moyens numériques en mobilité. La stratégie consiste à inciter les salariés « à ne pas consulter leurs téléphones et tablettes lorsqu’ils se déplacent »[2]. Cette action, si elle peut réduire les chutes de plain-pied, va se heurter aux attentes des directions opérationnelles. Elle peut effectivement avoir un impact négatif sur l’efficacité des salariés dans leurs tâches de suivi ou de reporting à partir des applications qui peur sont proposées.
- Réduire ou supprimer la source du risque en permettant aux salariés de continuer à utiliser leurs outils numériques tout en gardant leurs moyens d’attention à leur environnement. La proposition de SPIX industry consiste à réduire ce risque grâce à l’utilisation d’un assistant vocal pour gérer les interactions digitales des salariés en mobilité sur les sites industriels.
SPIX industry propose un assistant vocal intelligent adapté aux contraintes de l’industrie, qui permet aux salariés de conserver les mains et les yeux libres concentrés sur leurs tâches, tout en autorisant des interactions complexes avec leurs outils digitaux.
Prenons deux exemples emblématiques de la vie industrielle : le contrôle qualité et l’inspection de site. Le salarié de contrôle qualité est souvent sur un poste fixe, mais se déplace beaucoup sur sa zone de travail. L’inspecteur de site ou de chantier marche beaucoup dans un environnement changeant.
L’environnement de travail à la SNCF à proximité du passage à niveau est « extérieur » avec un bruit modéré. L’utilisateur peut obtenir des informations visuelles et vocales